Une lutte pour le contrôle du PDG
Dans une allocution virulente, Ali Akbar Onanga Y’Obegue a fustigé ce qu’il considère comme une tentative de manipulation orchestrée par des figures proches du pouvoir en place. Selon lui, la réunion du 27 mars au siège du PDG n’était qu’une « pantomime grotesque » servant à justifier un ralliement opportuniste, avec « une assemblée de circonstance qui ressemblait davantage à une réunion de naufragés politiques qu’à une instance du glorieux PDG ». Pour Onanga Y’Obegue, il ne s’agit rien d’autre que d’une « comédie burlesque ».
« Ce simulacre de concertation interne n’était qu’une mise en scène pathétique orchestrée par des marionnettistes qui tiraient les ficelles depuis le palais présidentiel », a-t-il déclaré avec virulence.
Une décision historique du PDG mise à mal
Depuis le coup d’État militaire du 30 août 2023 qui a renversé Ali Bongo Ondimba, le PDG traverse une phase de repositionnement. Dans un « sursaut de responsabilité », affirme Onanga Y’Obegue, le parti avait pris la décision inédite de ne pas présenter de candidat à l’élection présidentielle de 2025, préférant un temps de réorganisation et de reconstruction.
« Ce choix ne traduit ni faiblesse ni renoncement, mais bien un acte de maturité politique. Or, une faction illégitime a choisi de contourner cette position claire pour s’assurer des privilèges », dénonce-t-il.
Un ralliement motivé par des intérêts personnels ?
Selon Onanga Y’Obegue, les membres de cette frange du PDG n’ont pas effectué un choix politique fondé sur un programme, mais plutôt sur des « promesses de prébendes et de postes ». Il remet en cause la sincérité de ceux qui, après avoir été accusés par le pouvoir de transition de corruption et de **mauvaise gouvernance**, se retrouvent aujourd’hui dans l’entourage de Brice Clotaire Oligui Nguema.
« Comment peut-on exiger du PDG qu’il soutienne celui qui a justifié son coup d’État en accusant le parti de tous les maux de la nation ? », s’insurge-t-il.
Une ligne rouge franchie et un appel à la mobilisation des militants
L’autoproclamé secrétaire général de l’ancien parti présidentiel rappelle que le PDG, selon ses statuts, ne peut soutenir un candidat issu d’un coup d’État, au risque de « trahir son ADN ». Il accuse Oligui Nguema de duperie : « Hier, il nous traitait d’ennemis de la République ; aujourd’hui, il courtise nos traîtres ». Il dénonce aussi l’hypocrisie d’une transition qui, après avoir dissous les institutions du PDG, intègre désormais ses cadres dans sa campagne. « Ce n’est pas une transition, mais une substitution de personnes ! », assène-t-il.
Conséquences internes : exclusion des dissidents
Onanga Y’Obegue annonce que les membres du PDG ayant rejoint le « Rassemblement des Bâtisseurs » d’Oligui Nguema sont « auto-exclus » du parti, en violation des statuts. Il les exhorte à « démissionner avec honneur » plutôt que de subir une exclusion formelle. Il met également en garde les cadres ambitieux : « En soutenant la transition, vous signez la mort politique du PDG… et la vôtre ». « Le PDG n’est pas mort. Il est momentanément affaibli, trahi par certains de ses cadres, mais sa base militante demeure. Nous reconstruirons un parti fidèle à ses valeurs et prêt à relever les défis du Gabon moderne. »
Une crise qui fragilise la transition ?
Cette querelle interne pourrait avoir des conséquences sur la stabilité politique du Gabon. L’implication de figures du PDG dans la campagne du président de la transition pourrait nourrir une contestation grandissante et accentuer la fragmentation du paysage politique. De plus, le soutien controversé d’une partie du PDG à Oligui Nguema pourrait renforcer l’abstention et affaiblir la légitimité du futur président élu.
Alors que le Gabon s’apprête à tourner une page décisive de son histoire politique, le PDG se retrouve à un tournant. La bataille entre fidélité au parti et opportunisme personnel pourrait bien redéfinir son avenir et son rôle dans la nouvelle configuration politique du pays.