Dès les premières questions, l’atmosphère était électrique. Les journalistes, visiblement déterminés à mettre Bilie-By-Nze face à ses contradictions passées, ont insisté sur son rôle dans les controverses de 2016 et ses démêlés judiciaires. Mais l’ancien Premier ministre, loin de se laisser acculer, a riposté avec une verve et une précision qui ont déconcerté ses interlocuteurs. Il a recadré les journalistes à plusieurs reprises, leur reprochant leur manque d’objectivité et leur rappelant les limites de leur rôle.
La tension a atteint son paroxysme lors des échanges sur la commission Vérité, Justice et Réconciliation, et sur son passé judiciaire. Bilie-By-Nze, avec une ironie mordante, a dénoncé ce qu’il percevait comme une “chicanerie” et une volonté de le piéger. Il a même accusé les journalistes de passer “d’un maître hier à un nouveau maître aujourd’hui,” en référence à leur attitude jugée complaisante envers le régime de transition.
Au-delà des échanges houleux, Bilie-By-Nze a tenu à défendre son projet de société, abordant des sujets cruciaux tels que l’état de droit, la corruption, l’économie et la diplomatie. Il a affirmé sa volonté de réformer l’armée, de relancer le gisement de Bélinga et de lutter contre les “détournements massifs de finances publiques.”
S’il a manifesté une parfaite maîtrise de ses dossiers et une détermination inébranlable à ne pas se laisser intimider, rappelant à l’assistance qu’il ne saurait être considéré comme un candidat ordinaire, une interrogation subsiste avec acuité. Cette virulence journalistique, ce défaut manifeste d’objectivité, cette inquisition télévisuelle, seront-ils appliqués avec une intensité comparable lorsque le président candidat, Brice Clotaire Oligui Nguema, se présentera sur cette même tribune médiatique ? L’équité médiatique, fondement essentiel de toute consultation démocratique, sera-t-elle scrupuleusement observée ? Seul l’avenir permettra d’apporter une réponse définitive à cette question cruciale.