Patron du parti Union pour la Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS) et homme d’affaires influent à la tête d’une entreprise de 6 500 salariés, Opiangah est visé depuis novembre dernier par une enquête pour des accusations d’inceste sur sa fille Elisabeth. Cependant, ses proches et son parti considèrent cette poursuite comme une “cabale politique” visant à réduire au silence un opposant au pouvoir en place.
Sa famille politique, l’UDIS, a toujours défendu l’innocence de leur chef de file. L’ex-ministre est ciblé pour son opposition à la nouvelle Constitution, adoptée sous l’impulsion du général Oligui Nguema, au pouvoir depuis le renversement de la dynastie Bongo en août 2023. L’arrestation avortée d’Opiangah en novembre dernier, marquée par un assaut nocturne de forces de sécurité lourdement armées sur son domicile, a alimenté les doutes quant à l’objectivité des poursuites engagées contre lui.
Elisabeth Opiangah a, de son côté, démenti répétément les accusations portées contre son père et aurait été placée en garde à vue afin de la contraindre à déposer plainte, selon l’UDIS. Tous les recours internes déposés par la défense de l’ex-ministre, y compris devant la Cour constitutionnelle et le Conseil d’Etat, sont restés lettre morte.
Désormais, l’ancien ministre espère que la Commission africaine des droits de l’Homme interviendra pour garantir un traitement judiciaire impartial et lui permettre un retour en toute sécurité au Gabon. “L’utilisation de l’appareil militaire et policier de l’Etat contre Monsieur Opiangah et le maintien abusif de la procédure judiciaire à son encontre l’empêche d’obtenir justice devant les juridictions gabonaises”, affirme le cabinet Bensimhon, qui défend l’ex-ministre.
En exil, Opiangah cherche à protéger sa famille, sauver ses entreprises menacées par la situation et récupérer son patrimoine.