Nous sommes le 10 avril 2023, lundi de Pâques. Itsana Pacôme qui est propriétaire d’une parcelle sur le titre foncier YQ numéro 18635 au lieu-dit Agondje stade, en attendant l’attribution finale par le patrimoine de l’État suite à des démarches administratives en cours, devait profiter d’un lundi de Pâques en toute quiétude en famille. Sauf que c’était sans compter sur l’alerte de son gardien l’informant que les murs qui ceinturent sa parcelle étaient en entrain d’être détruits à la tractopelle par des inconnus se disant propriétaires des lieux.
Précipitamment arrivé sur les lieux, il découvre qu’il s’agit de promoteurs immobiliers libanais, dont un certain Ahmed, agissant un jour férié, sans presenter un titre foncier, sans la présence d’un huissier et sans la possession d’une décision de justice. Pire, face au refus d’obtempérer de Itsana Pacôme, ces derniers feront appel à des éléments se disant officier de la police judiciaire. Ces derniers arrivés sur les lieux exigeront de conduire Itsana Pacôme au poste de police pour refus d’obtempérer. N’eût été la vigilance de ce dernier qui exigera que les nouveaux prétendus propriétaires leur présentent une décision de justice, avant de les suivre, les prétendus représentants de la loi rebrousseront chemin.
Interrogé par notre rédaction Itsana Pacôme a relaté son fâcheux événement : “on est le lundi de Pâques, à 13 heures-14 heures, le gardien m’appelle pour m’informer qu’il y a des gens qui sont entrain de démolir la barrière. J’arrive, je trouve des Libanais qui casse la barrière avec une tractopelle. Je leur demande messieurs qu’est-ce qui se passe ? Ces messieurs m’expliquent que c’est leur terrain, ils ont le titre foncier. Je dis oui je veux bien comprendre que vous ayez un titre foncier mais est-ce que vous avez une décision de justice ? Même si vous avez un titre foncier est-ce que vous avez une décision de justice qui vous autorise à casser ma barrière un jour de Pâques ? Ils disent : “quand le terrain t’appartient tu fais ce que tu veux”, a-t-il relaté.

Avant de revenir sur les origines de ce conflit : “Si vous voyez que sur cet espace un bâtiment n’est pas érigé, c’est simplement parce que nous respectons les procédures et les règles. Nous avons reçu L’ANUTTC ici, nous avons reçu le Patrimoine de l’État ici, qui nous a dit que nos dossiers sont en cours de régularisation. (…) Cet espace où nous sommes appartenait à la société RTSA (Ndlr :un opérateur immobilier). Nous sommes ici depuis fin 2015, début 2016. Depuis l’année dernière à la faveur de la décision salutaire prise par le chef de l’État, pour soulager les gabonais, je pèse bien mes mots, il avait instruit l’administration afin que toutes les propriétés non mises en valeur par les promoteurs immobiliers fassent l’objet de retour au patrimoine de l’État, afin que ce dernier puisse distribuer ces parcelles là au gabonais. Et c’est ce qui a été fait et nous avons salué le chef de l’État parce qu’il est venu régler un problème que l’on n’avait. Pas seulement nous. Vous allez dans les Malibé, tout le monde a ce problème. L’ANUTTC est passé pour dire qu’il va régulariser nos situations en nous identifiant (…) La direction générale du Patrimoine est passée. Déjà le conflit de compétence semblait apparaître à nos yeux. Finalement on s’est dit que c’est L’ANUTTC ou c’est le Patrimoine de l’État ? À la lecture des textes on se rend compte que c’est la direction générale du Patrimoine de l’État.”, a déclaré Itsana Pacôme.
Le directeur général de L’ANUTTC, Dexter Meye M’Obiang serait-il de mèche avec ses prétendus promoteurs immobiliers libanais qui affirment détenir un titre foncier signé de sa main alors que la parcelle est du domaine du patrimoine de l’État ?
Le ministre de l’Habitat Olivier Abel Nang Ekomiye qui connait bien L’ANUTTC pour avoir été directeur général ignore-t-il les pratiques de son successeur ?
Quid de l’imbroglio administratif entre l’ANUTTC et le patrimoine de l’État ?

Nous y reviendrons au cours d’une prochaine édition, avec plus de détails, à ce qui s’apparente à un énième cas d’expropriation d’un compatriote par des sujets libanais avec la complicité de fonctionnaires de l’ANUTTC.