Une ambition portée par Marie-Victoria Akendengue
Marie-Victoria Akendengue, fondatrice de la société Amarie, est pleinement engagée dans le développement de l’élevage de poulets fermiers organiques. « Moi, je suis Mme Marie-Victoria Akendengue. Je suis la fondatrice de la société Amarie et je me concentre dans l’élevage. Je suis dans l’élevage de poules pour le moment, de poulets fermiers organiques. Et pourquoi pas, par la suite, faire l’élevage d’autres choses comme le porc, comme le mouton et autres. »
Un programme structurant pour l’économie locale
Hervais Omva Ovono, coordonnateur du programme IDRC Africa, met en avant la portée de cette initiative. « Nous sommes en train de mettre en place un projet, un programme de reproduction de poulet de chair, poulet fermier, de race Goliath, Brahma et autres. » Selon lui, Marie-Victoria Akendengue a suivi une formation en élevage avant de concrétiser son projet. « Elle a suivi une formation pour élever les poulets fermiers et qu’est-ce qu’elle a fait ? Après, elle a appris des parentaux, des mâles et des femelles. Elle les a fait accoupler chez elle, elle a acheté un incubateur et dans cet incubateur, elle a mis les oeufs et de ces oeufs sont sortis ces poussins que vous voyez. »
Le programme vise à accélérer la production de poulets fermiers organiques tout en réduisant les importations de viande de volaille. « L’objectif est de réduire les importations de viande de poulet. Objectif numéro un. Pourquoi ? Parce que les mâles et certaines femelles vont aller directement à l’abattoir. » Dans un premier temps, l’élevage vise à atteindre une production de 200 femelles pour un rendement de 4500 poussins par mois.
Une production locale pour un prix plus accessible
Sur le marché gabonais, le poulet organique est souvent importé de France et vendu à un prix élevé. Marie-Victoria Akendengue veut proposer une alternative plus abordable. « Forcément, on ne va pas se mettre au même prix que les poulets français. Donc, ce sera forcément beaucoup moins cher. On ne sera pas au niveau du poulet local non plus, parce qu’on fait du poulet organique, mais on sera à un juste milieu qui nous permet, nous, de pouvoir continuer la production et aussi aux Gabonais et aux Gabonaises de pouvoir manger un bon produit à un prix qui est raisonnable. »
Mais au-delà de la production de volaille, le projet inclut la mise en place d’une production locale d’aliments pour volailles. « Pour parler de prix, il faut parler aussi d’aliments, pas seulement de poulet. Donc, c’est pour ça que vous avez vu, par exemple, l’autre côté, nous sommes en train de mettre en place des parcelles de maïs. Ce que Mme Marie-Victoire Akendengue ne vous a pas dit, c’est qu’elle a un site sur lequel elle s’apprête à lancer une production de maïs. » La mise en place d’un broyeur permettra également de transformer cette production en aliment pour volaille, réduisant ainsi les coûts de production.
Vers une expansion et des micro-élevages
L’objectif du programme ne se limite pas à un unique site d’élevage. Il s’agit d’encourager la création de micro-élevages. « C’est un processus évolutif. Mais ce qui est important à retenir, c’est qu’il y a un programme de reproduction de poulet de chair qui va être mis en vente et qui va nous permettre de mettre en place des micro-élevages. »
Des stagiaires en formation sont déjà impliqués dans cette dynamique. « Vous avez des stagiaires en formation. Ces stagiaires-là, il y a beaucoup qui veulent faire des élevages de poulet. Donc ils vont faire du micro-élevage de poulet de chair. Parce qu’en fait finalement les 4500 éleveurs, si on dit qu’on a 200 femelles, on ne pourra pas tous les élever ici. Donc on va devoir travailler avec des autres éleveurs, des jeunes éleveurs, forcément. »
Ce projet ambitieux marque une avancée significative pour le Gabon dans le secteur de l’élevage et de la sécurité alimentaire. En favorisant une production locale, il permet non seulement de créer des emplois, mais aussi d’offrir aux consommateurs gabonais un produit de qualité à un prix raisonnable. Un modèle à suivre pour renforcer l’autosuffisance alimentaire du pays.