Bilie-By-Nze a particulièrement ciblé le président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, qu’il considère comme “l’émanation et la continuité” de l’ancien système. Il a souligné que de nombreux anciens cadres du régime d’Omar et Ali Bongo se sont ralliés à Oligui Nguema, contrairement à lui qui se positionne clairement “dans la rupture avec l’ancien système”. Selon l’ancien Premier ministre, les partis qui soutiennent l’actuel homme fort du pays ont “choisi la continuité d’un système qu’ils prétendaient hier défendre”, participant ainsi à “tromper le peuple gabonais”.
Se présentant comme le candidat de la “nouvelle espérance” et de la “réappropriation” du Gabon par ses habitants, Bilie-By-Nze a critiqué la manière de procéder du dirigeant actuel, la jugeant “pire que ce qui s’est fait jusqu’à présent” et comme une “caricature du système qu’il a prétendu annihilé”. Il a affirmé que les Gabonais constatent un retour de l’ancien système avec les mêmes figures qui ont contribué à l’appauvrissement de la population. “Quitte à être seul, j’assume ma position aujourd’hui de rupture avec ce système”, a-t-il déclaré.
Reconnaissant son propre passé au sein du système qu’il critique, Bilie-By-Nze a justifié son changement de position en expliquant : “La rupture, précisément, c’est parce que j’ai été dans ce système, je l’ai vu fonctionner, j’en connais les forces et les faiblesses. Les faiblesses sont plus importantes que les forces.” Il a évoqué les difficultés rencontrées par la population, contrastant les “meetings au stade où on distribue des gadgets” avec les réalités des “inondations” et des “éboulements” qui frappent le pays.
Son projet politique prône une rupture avec “une économie de rente qui a pauvri les populations” et des relations diplomatiques qui limitent la marge de manœuvre du Gabon. Il propose notamment un “revenu minimum universel de 150 000 francs CFA par mois pour les populations les plus fragiles”, ainsi qu’une relance et une diversification de l’économie.
Bilie-By-Nze a également abordé la question des violences post-électorales, soulignant la nécessité de faire la lumière sur les événements passés, notamment ceux de 2016 et 2023. Il s’est engagé, s’il est élu, à mettre en place une commission d’enquête pour “guérir le pays, guérir notre nation et permettre aux familles de faire le deuil”. Il a par ailleurs estimé que la violence post-électorale est une preuve de la contestation des résultats. Concernant la prise de pouvoir par les militaires en 2023, il a regretté que le pouvoir n’ait pas été rendu aux civils comme initialement annoncé, critiquant le manque de parole et de vision du candidat actuellement en lice.
Enfin, Bilie-By-Nze a révélé avoir rendu visite à Ali Bongo en janvier, lui assurant de sa loyauté passée tout en lui annonçant son propre chemin vers la présidence. Il a insisté sur le fait qu’il n’est “pas le candidat de la continuité d’un système” ni “le candidat des Bongo”, menant une campagne avec des “maigres moyens” et sans le soutien de l’État ou de réseaux d’influence privilégiés. Il a également critiqué la “complaisance” de la France envers le pouvoir militaire en place, y voyant une tentative de “blanchir un coup d’État”. Son dernier message aux Gabonais est un appel à se rendre aux urnes pour “reprendre en main leur destin par le vote”, affirmant : “Eux, ils ont les armes, nous, nous avons les urnes. Et par les urnes, nous allons les battre.” Concernant Sylvia Bongo et son fils Noureddin, il a déclaré qu’après 18 mois de détention sans charges retenues, il fallait les libérer, tout en soulignant la nécessité d’une justice indépendante et équitable.