Contexte Économique et Fiscal
Le Gabon a connu des fluctuations économiques dues à la dépendance de son économie aux exportations de pétrole. En 2023, le pays a enregistré une croissance du PIB de 3,5 %, soutenue par une légère reprise des prix du pétrole et des efforts de diversification. Cependant, les PME, qui représentent environ 90 % des entreprises au Gabon, continuent de faire face à des obstacles majeurs, notamment en matière de fiscalité.
La politique fiscale gabonaise a été marquée par des réformes visant à améliorer le climat des affaires. En 2023, le gouvernement a introduit des mesures pour alléger la charge fiscale des PME, notamment une réduction de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions de francs CFA. Cette mesure a été saluée par les acteurs économiques, mais son impact réel sur le terrain reste à évaluer.
Allègement Fiscal et Compétitivité
L’allègement fiscal a pour objectif d’améliorer la compétitivité des PME. En 2023, le taux d’imposition des sociétés a été réduit de 30 % à 25 % pour les PME, ce qui a permis à certaines d’entre elles de réinvestir dans leur développement. Par exemple, dans le secteur de l’agroalimentaire, les PME ont pu augmenter leur production de 20 % grâce à ces économies fiscales, créant ainsi de nouveaux emplois.
Cependant, cet allègement ne bénéficie pas à toutes les PME de manière équitable. Les entreprises qui n’ont pas les moyens de se conformer aux exigences administratives pour bénéficier de ces réductions se retrouvent désavantagées. De plus, la complexité du système fiscal et le manque de clarté dans l’application des lois fiscales continuent de freiner l’essor des PME.
Charge Fiscale et Innovation
La charge fiscale peut également avoir un impact sur l’innovation. En 2024, le gouvernement a mis en place un crédit d’impôt pour la recherche et le développement (R&D) destiné aux PME innovantes. Bien que cette initiative soit louable, son efficacité dépend de la capacité des PME à accéder à ces crédits. En effet, selon une étude menée par l’Agence Nationale de Promotion des Investissements (ANPI), seulement 15 % des PME gabonaises ont les ressources nécessaires pour investir dans des projets de R&D.
Dans le secteur technologique, certaines entreprises ont réussi à tirer parti de ces crédits pour développer des solutions numériques adaptées aux besoins locaux. Cependant, la majorité des PME, souvent concentrées dans des secteurs traditionnels, peinent à innover en raison de la pression fiscale et du manque de soutien financier.
Accès au Financement
L’accès au financement est un autre aspect crucial influencé par la politique fiscale. En 2023, le taux d’intérêt moyen des prêts bancaires au Gabon était de 8 %, un chiffre relativement élevé qui dissuade les PME de s’endetter. Les banques, en raison de la perception d’un risque élevé, sont souvent réticentes à accorder des prêts aux PME, malgré les incitations fiscales mises en place par le gouvernement.
Des initiatives comme le Fonds Gabonais d’Investissement Stratégique (FGIS) ont été créées pour soutenir les PME, mais leur impact reste limité. En 2024, seulement 10 % des PME ont pu bénéficier de financements via ce fonds, ce qui souligne la nécessité d’une réforme plus profonde du système financier pour favoriser l’accès au crédit.
La BCEG, solution miracle…
L’arrivée de la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG) pourrait représenter un véritable soulagement pour les petites et moyennes entreprises (PME) du pays. En offrant des services financiers adaptés et un soutien ciblé, la BCEG pourrait faciliter l’accès au crédit et encourager l’innovation, stimulant ainsi la croissance économique locale. Les PME, souvent confrontées à des difficultés de financement, pourraient bénéficier d’un accompagnement précieux pour développer leurs activités et créer des emplois.
Vers une politique fiscale équilibrée pour une croissance durable
Pour que les PME gabonaises puissent réellement jouer leur rôle de moteur de croissance économique, il est essentiel que le gouvernement poursuive ses efforts de réforme fiscale tout en simplifiant les procédures administratives.