Cette prise de position intervient peu de temps après l’annonce d’une décision majeure du gouvernement de la transition gabonaise. Le 20 février 2025, lors du Conseil des ministres présidé par Brice Clotaire Oligui Nguema, un décret a été adopté pour rebaptiser l’aéroport international Ali Bongo Ondimba, désormais renommé “Aéroport international Joseph Rendjambé Issani”, en hommage à un homme politique gabonais de l’époque coloniale. Cette décision, qui marque un tournant dans le récit national, a été perçue par certains comme une tentative de faire table rase du passé, en effaçant les traces de l’ancien président.
Assélé a exprimé son incompréhension face à la manière dont certains membres de l’élite politique actuelle, qui ont bénéficié du pouvoir sous Ali Bongo, préfèrent aujourd’hui garder le silence face aux attaques et aux tentatives d’effacement de son rôle dans le parcours national. “Seuls Alain-Claude Bilie-By-Nze, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, Francis Nkéa Ndzigue et quelques autres sont-ils devenus co-responsables et co-bénéficiaires des 14 années de gouvernance d’Ali Bongo Ondimba ?”, a-t-elle interrogé, dénonçant une forme de “trahison” de ceux qui ont été au cœur du pouvoir sous son mandat et qui, aujourd’hui, laissent l’ancien président se débattre seul face aux critiques.
Elle a aussi souligné l’injustice de vouloir effacer un président qui, selon elle, a marqué de son empreinte l’histoire du pays, malgré les reproches qui peuvent être faits à son égard. “Pendant ces 14 années, Ali Bongo Ondimba n’a-t-il fait que du mal ? Nul ne peut dire que personne n’a jamais reçu quoi que ce soit de lui, que personne n’a émergé grâce à son leadership !”, a-t-elle lancé avec force, appelant à un juste équilibre dans l’analyse de son mandat et de ses réalisations.
Nicole Assélé a également interpellé la famille de l’ex-président, l’exhortant à sortir du silence et à défendre l’héritage de celui qui fut à la tête du Gabon pendant plus de 14 ans. “Votre silence face à cet acharnement est troublant. Est-ce que cet homme n’a pas de famille ? N’ayez pas peur de défendre son héritage face aux tempêtes du rejet”, a-t-elle insisté, invitant les proches d’Ali Bongo à ne pas se laisser intimider et à revendiquer leur part dans son héritage politique.
Enfin, elle a conclu son intervention en appelant à un sursaut collectif pour préserver l’histoire du pays et éviter l’oubli sélectif. “Trop, c’est trop ! Nous devons préserver notre histoire, avec toutes ses complexités, et reconnaître la part de chacun dans ce cheminement collectif”, a-t-elle martelé, soulignant que l’avenir du Gabon repose sur une vision juste et équilibrée de son passé, où chaque acteur, qu’il soit de l’ancien ou du présent régime, doit être reconnu pour son rôle dans la trajectoire du pays. Nicole Assélé a ainsi appelé tous les Gabonais à se rassembler pour un avenir commun, loin des rancœurs et des réécritures historiques.