Une augmentation de l’enveloppe budgétaire… mais une répartition contestable
En passant de 123 millions à 500 millions de francs CFA, l’enveloppe allouée à la presse par le gouvernement de transition aurait pu représenter une avancée significative pour les médias. Pourtant, selon Harold Leckat, la distribution des fonds ne reflète pas l’ampleur des efforts déployés par certains acteurs du secteur.
“Historiquement, lorsque la subvention était de 123 millions, nous recevions 3 millions. Aujourd’hui, avec une enveloppe multipliée par cinq, nous n’avons obtenu qu’un supplément de 900 000 francs CFA, soit un total de 3,9 millions. Cela reste dérisoire au regard de notre activité et de notre contribution au paysage médiatique”, explique-t-il.
Gabon Media Time, au-delà de son site d’actualités, a développé une Web TV, GMTtv, proposant deux journaux télévisés quotidiens. Cette expansion, selon M. Leckat, justifiait une demande de subvention à hauteur de 30 millions de francs CFA, bien loin de la somme octroyée.
Des méthodes de répartition qui rappellent l’ancien régime
Pour certains, cette subvention aurait été distribuée selon des mécanismes semblables à ceux de l’ancien régime. Une position que partage en partie Harold Leckat, qui observe une continuité dans l’opacité des critères d’attribution. “Malgré nos critiques à l’égard de l’ancien pouvoir, nous étions considérés avec plus d’équité”, regrette-t-il.
Pour lui, il est incompréhensible que des médias reconnus et influents se voient allouer des montants si faibles alors qu’ils respectent toutes les obligations légales et emploient plusieurs collaborateurs permanents. “Nous produisons quotidiennement des contenus qui participent à la vitalité démocratique, et ces efforts ne sont pas reconnus à leur juste valeur”, ajoute-t-il.
Vers une réforme des critères d’attribution ?
Afin d’éviter une nouvelle vague de contestation pour la subvention 2024, Harold Leckat plaide pour une réforme en profondeur du processus d’attribution. “Il est essentiel que le ministère de la Communication effectue un véritable recensement des médias en activité. On parle de près de 200 médias en ligne, mais combien publient réellement et de manière régulière ?”, questionne-t-il.
Il appelle ainsi à un audit rigoureux du secteur, afin d’identifier les rédactions réellement actives, leurs effectifs, et leur contribution à l’information nationale. “Nous avons besoin d’un système plus transparent qui valorise ceux qui créent de l’emploi, qui forment les jeunes, et qui s’inscrivent dans une dynamique de développement”, insiste-t-il.
En attendant une réaction du ministère, le sentiment d’injustice reste vif parmi les professionnels du secteur, notamment ceux qui, comme Gabon Media Time, estiment ne pas avoir reçu un soutien proportionnel à leur engagement et à leur contribution au débat public.
Avec Le Mbandja