Un secteur sous domination étrangère
La cession de la SMAG n’est pas un événement anodin. Elle illustre une tendance persistante de dépendance du Gabon vis-à-vis des acteurs étrangers dans le domaine agroalimentaire. Or, la souveraineté alimentaire est un enjeu capital pour tout pays désireux de garantir sa sécurité alimentaire et son indépendance économique.
Dépendre d’investisseurs et de groupes internationaux pour la production et la distribution des denrées alimentaires expose le Gabon à une véritable vulnérabilité. Les fluctuations des prix mondiaux, les intérêts privés et les stratégies de rentabilité de ces groupes peuvent compromettre la stabilité du marché alimentaire national et menacer l’accès des populations à une alimentation saine et abordable.
Pourquoi la souveraineté alimentaire est essentielle
La souveraineté alimentaire repose sur la capacité d’un pays à contrôler sa production et son approvisionnement en denrées alimentaires. Elle garantit un accès stable et suffisant à des aliments nutritifs, réduit la dépendance aux importations, stimule l’emploi et génère des revenus pour les communautés rurales. Elle permet également de préserver la biodiversité en protégeant les variétés locales de cultures et d’élevage, favorise la réduction de la pauvreté et contribue à l’amélioration de la santé publique en garantissant des aliments sains et accessibles. Enfin, elle renforce l’indépendance politique et stratégique du pays en sécurisant son approvisionnement alimentaire.
Que faire pour inverser la tendance ?
Pour restaurer et renforcer la souveraineté alimentaire, le Gabon doit s’engager dans une véritable réforme agricole. Il est essentiel d’investir massivement dans la production locale afin de réduire la dépendance aux importations. L’agriculture durable doit être encouragée pour protéger l’environnement et les ressources naturelles. Le développement d’unités de transformation locale permettrait d’ajouter de la valeur aux produits agricoles et de créer des emplois. Enfin, la mise en place de circuits de distribution favorisant la commercialisation locale renforcerait l’économie nationale et garantirait un meilleur accès aux produits alimentaires.
Un appel à l’action
La cession de la SMAG doit être un électrochoc pour le Gabon. Il est impératif que les décideurs politiques prennent conscience de l’urgence de développer une véritable stratégie de souveraineté alimentaire. Hervais Omva a raison de tirer la sonnette d’alarme : sans une politique agricole ambitieuse et structurante, le pays continuera de subir la mainmise étrangère sur son alimentation, avec toutes les conséquences que cela implique.
L’heure est venue d’agir pour un Gabon souverain sur son assiette, où chaque citoyen peut bénéficier d’une alimentation saine, produite localement et accessible à tous.
Hervais Omva appelle donc le président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, à stopper cette cession au nom de la souveraineté du pays. Il exhorte les autorités à prendre des mesures immédiates pour préserver les intérêts nationaux et assurer un avenir alimentaire stable pour tous les Gabonais.